Guillaume Loizillon

Notes sur le cours : Questions contemporaines

Licence 1ère année

 

Méthodologie et recherche

 

Méthode : moyens d’approche d’une question ou de résolution d’un problème.
La méthodologie, littéralement « science de la méthode » consiste à mettre à jour ou plusieurs méthodes visant à traiter une question. Chaque discipline définit ses propres approches méthodologiques.
Ainsi, formuler un discours, oral ou écrit, sur la musique se fait depuis une certaine position (d’où parle t-on ?). Si l’on veut sortir du seul échange sur les goûts personnels, il faut définir et aborder son sujet depuis selon une discipline qui offre une méthodologie claire. Il faut ainsi, travailler dans un champ disciplinaire qui offre un cadre de développement pour la question que l’on désire traiter. Il s’agit alors de ne pas confondre le sujet que l’on se propose d’aborder et le ou les moyens d’approche de ce sujet même.

Quelques exemples de disciplines qui questionnent la musique.
Cette liste est, bien entendu, non exhaustive. On remarquera que la musique peut y apparaître comme sujet principal aussi bien que comme question périphérique ou de spécialisation.

Musicologie    
Histoire
Anthropologie
Philosophie : esthétique
Psychologie, physiologie
Sociologie et sciences humaines
Sciences politique et économique
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Il faut ajouter à cette liste de disciplines, les écritures  littéraires, poétiques ainsi que la critique  artistique journalistique. On doit également prendre en considération dans leur singularité les textes et les écrits des artistes eux-mêmes : autobiographies, témoignages, textes techniques ou théoriques, manifestes…

[Bibliographie sur les thèmes musique et science humaines et musique et psychologie, médiathèque de la Cité de la Musique ]

http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/MediaComposite/FICHES/viepro/scsociales.htm

http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/MediaComposite/FICHES/viepro/psycho.htm

 

Sur les questions contemporaines.

La période qui s’ouvre après la guerre de 1945 introduit de profonds bouleversements dans la création et la pratique musicales ainsi que dans l'environnement social qui conditionne sa transmission et sa diffusion.
Parallèlement, en liaison avec cet état des choses, de grands domaines disciplinaires, au-delà du seul champ musicologique traditionnel, s’impliquent dans l’analyse et la compréhension du phénomène musical. Cette diversification des modes d’approche conduit logiquement à un élargissement des questions ayant trait à la musique ainsi qu’à envisager une même problématique selon différents approches disciplinaires.
On définira alors ces « questions contemporaines » selon deux grandes catégories qui s’articulent l’une l’autre.

 

Sur le mot contemporain

Le terme de « contemporain » quand il s’agit de musique est ambigu. Pris dans un se littéral, il devrait désigner toutes les musiques créées dans l’époque vécue par ses acteurs et ses auditeurs et ceci quel qu’en soit le genre. Pourtant, de nos jours, le terme de « musique contemporaine » désigne le plus souvent un ensemble de courants musicaux précis : ceux de la musique « savante » occidentale de la seconde moitié du XXe siècle, la plus attachée à la nouveauté, à l’expérimentation et à la mise en question du système tonal.
Le terme en est donc venu à désigner un genre, lui-même traversé par plusieurs courants esthétiques.
Dans l’expression, «questions contemporaines», le terme contemporain reprend un sens plus traditionnel. Il s’agira ainsi d’envisager selon les réalités et les approches disciplinaires de l’époque présente les différents aspects de la  question musicale.

[ Un site d'information complet sur la musique contemporaine, depuis 1945 : http://www.musiquecontemporaine.fr/]

La musique comme pratique et comme écoute face à son analyse.

Pouvoir poser un discours c’est également mieux écouter et mieux pratiquer, c’est aussi échapper à la seule approche par la sujétion à son goût propre.
Le musicologue, le musicien instrumentiste, ou tout autre « spécialiste » qui analysent une musique doivent, dans une certaine mesure, pouvoir acquérir une certaine autonomie en regard des esthétiques, et rester capables d’en comprendre les composantes techniques, structurelles et contextuelles.

Il ne s’agit pas de disqualifier toute réaction visant à affirmer une relation personnelle, subjective et émotionnelle avec la musique. Au contraire, l’analyse et le travail de recherche sur la musique n’éliminent ni le pouvoir d’attraction, ni le plaisir esthétique.

Tenter de comprendre permet au contraire d’apprécier encore plus et, pour le praticien de renforcer son jeu son écriture ou sa conception générale de la fabrique même de la musique. Ainsi, il est intéressant de penser qu’une part de raison et d’analyse  peuvent magnifier la passion musicale .

La musique est  également un système de connaissances, un fait anthropologique, historique et social.


 Dans le monde actuel, la vaste question de la culture conduit à considérer les enjeux politiques et économiques comme centraux. Les arts et la musique en particuliers instituent un système de valeur, d’échange et de reconnaissance dont il faut tenir compte. Il est capital cependant de conserver une réelle capacité à penser la musique pour elle même en autonomie des dispositifs, institutionnels, industriels ou économiques qui risquent parfois dans certaine analyses de faire disparaître l’objet même de musique. C’est cela que la discipline de la musicologie développe sa méthodologie propre.

La musique fabrique également un modèle important pour des études à caractère scientifique dans les domaines de la psychologie et plus généralement des sciences cognitives. Ils impliquent des spécialisations autres que celles du musicien ou du musicologue.
Toutes ces voies définissent chacune leurs propre méthodologies.

L’objectif du cours « question contemporaines »  est donc d’établir une première cartographie de ces multiples modes d’approche, introduisant de ce fait un premier intérêt pour la recherche dans le sens universitaire de ce terme.
Il est, bien entendu, impossible de se transformer tour à tour en musicologue, historien, sociologue, psychologue etc. Il s’agit de rester dans le champ de notre spécialité, la musique et la musicologie, et d’en développer les méthodes propres et spécifiques. Cependant, dans une période où les disciplines se croisent, s’échangent, ou s’opposent, il est important de prendre connaissance, même de façon générale, de ces différentes approches.